Les figures de l’emprise : la séduction de Don Juan

La séduction est l’arme redoutable de Don Juan

9782266159234En 1662, Molière publie la pièce de théâtre Dom Juan ou le Festin de pierre, relatant l’histoire d’un libertin, séducteur, athée et provocateur qui se moque de toutes les lois sociales et morales. La pièce de théâtre retrace les nombreuses frasques de Dom Juan qui utilise la séduction et le mensonge pour assouvir son désir sans limite, seule la mort viendra stopper son appétit féroce.

La séduction est l’arme redoutable employée par Dom Juan auprès des femmes. Dans l’opéra de Mozart, à l’acte I, Dom Juan repère une innocente paysanne sur le point de se marier, il se débarrasse du fiancé et séduit Zerlina en lui mentant et en chantant d’une voix envoûtante : « La ci darem la mano » (Là-bas, nous nous donnerons la main). La jeune femme est séduite mais son opération de séduction sera stoppée à temps par Donna Elvira.

Un peu plus loin dans le récit, Dom Juan participe à un bal et profite d’une diversion des convives pour entraîner Zerlina à l’extérieur, mais cette dernière crie à l’aide et alerte ses amis qui démasquent Dom Juan. Malgré le mal qu’il fait autour de lui, Dom Juan multipliera les conquêtes dans le récit en promettant des choses à ses femmes, victimes de ce bourreau des cœurs.

Collectionner les femmes-objets

Dom Juan n’est pas porté par la beauté des sentiments ni par l’amour qu’il pourrait susciter dans le cœur de ces femmes, il est davantage motivé par l’acte de séduire et par l’accumulation des partenaires comme une liste d’objets. Toujours dans la pièce de Mozart, le valet de Dom Juan mettra en garde la jeune Elvira à propos de son maître, en présentant devant elle un catalogue de toutes les femmes séduites : « in Espagna mille e tre » (« Et en Espagne, elles sont déjà mille trois »)

Dom Juan soutient l’idée qu’il ne faut pas croire en l’amour qui peut conduire l’homme jusqu’à la folie. Dans la version de Molière (Acte III, scène I), Dom Juan est questionné par son valet à propos de ses croyances :

sganarelle. — […] Encore faut-il croire quelque chose dans le monde : qu’est-ce que vous croyez ?

dom juan. — Ce que je crois ?

sganarelle. — Oui.

dom juan. — Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit

sganarelle. — La belle croyance, que voilà ! Votre religion à ce que je vois est donc l’arithmétique

Ainsi, s’en remettre aux lois de l’arithmétique consiste à profiter des plaisirs matériels de la vie et d’assouvir tous ses désirs, Dom Juan conteste l’assujettissement de l’homme au dogmatisme religieux, il s’en libère lorsqu’il place son individualité au-dessus de toutes choses.

Il est maître de ses agissements et personne d’autre que lui ne peut lui dicter ses choix ! Seule la statue du Commandeur viendra limiter la démesure de Don Juan en le précipitant dans la mort.

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